« Marx n’avait pas prévu Keynes »

Interview publié dans le magazine Books, Janvier/Février 2017, pp. 28-30

Que pouvons-nous encore ­apprendre de Karl Marx ?

D’abord que notre société est une société historique, qui s’inscrit dans un flux d’événements. Et ­ensuite que ce flux d’événements ­s’ordonne de façon structurelle, que l’évolution de la société obéit donc à une logique qu’il nous faut comprendre pour pouvoir inter­préter ce qui se passe. Cette logique est difficile à reconstruire, mais elle dyna­mise de façon extra­ordinaire la théorie et l’expérience historique. (…)

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„Nuit debout peut être porteur d’une transformation sociale de grande ampleur“

Le Monde, 3 mai 2016. English translation published on Verso Books Blog.

Par Collectif: Tariq Ali, écrivain ; Ludivine Bantigny, historienne; Patrick Chamoiseau, écrivain ; François Cusset, écrivain et historien ; Christine Delphy, sociologue ; Cédric Durand, économiste ; Elsa Dorlin, philosophe ; Annie Ernaux, écrivain ; Eric Fassin, sociologue ; Bernard Friot, sociologue ; David Graeber, anthropologue ; Nacira Guénif, anthropologue ; Razmig Keucheyan, sociologue ; Stathis Kouvelakis, philosophe ; Frédéric Lordon, philosophe ; Gérard Mordillat, écrivain ; Toni Negri, philosophe ; Leo Panitch, sociologue ; Paul B. Preciado, philosophe ; Wolfgang Streeck, sociologue ; Enzo Traverso, historien.

Les crises ouvrent le champ des possibles, et celle qui a commencé en 2007 avec l’effondrement du marché des subprimes ne déroge pas à la règle. Les forces politiques qui soutenaient l’ancien monde sont en voie de décomposition, à commencer par la social-démocratie, qui a franchi depuis 2012 une étape supplémentaire dans son long processus d’accommodement avec l’ordre existant. En face d’elles, le Front national détourne à son profit une partie de la colère sociale en jouant d’une posture prétendument antisystème, alors même qu’il n’en remet rien en cause, et surtout pas la loi du marché. (…)

„Pour que l’Europe soit sauvée, il faut lever le tabou sur les nations“

Erschienen auf LeMonde.fr. Gekürzte Fassung in Le Monde, 4. März 2016, Seite 13. Deutsche Originalfassung hier.

Le projet d’un Etat-providence européen a échoué depuis longtemps. L’Etat-providence existe encore en Europe, mais seulement au pluriel, à l’échelon national et en tant qu’acquis démocratique national. Son remplacement ou même son simple accompagnement par une « dimension sociale » conférée au marché unique, dont Jacques Delors s’était fait l’avocat dans les années 1990, est resté un vœu pieux. (…)

Warum der Euro Europa spaltet statt es zu einigen

Leviathan, Jg. 43 (2015), Heft 3, 365-386 (Online-Zugriff hier)

Basierend auf einem Vortrag in der Reihe „Distinguished Lectures in the Social Sciences“  am Wissenschaftszentrum Berlin, 21. April 2015

Zu den besonders ausführlich behandelten Themen im zweiten Kapitel von Max Webers monumentalem Werk Wirtschaft und Gesellschaft, überschrieben “Soziologische Grundkategorien des Wirtschaftens“ (1956 [1920]), gehört das Geld. Für den Soziologen Weber wird Geld zu Geld kraft einer „Verbandsordnung“ (ibid., 54), auch „Geldordnung“ (ibid., 125) oder „Geldverfassung“ (ibid., 145), die unter modernen Bedingungen, so Weber im Anschluss an Knapps Staatliche Theorie des Geldes (1905), nur eine von einem Staat monopolisierte sein könne (ibid., 125). Geld ist eine in einem Herrschaftsverband – ein weiterer zentraler Weberscher Begriff – ein- und durchgesetzte politisch-ökonomische Institution, die wie alle Institutionen bestimmte Interessen privilegiert und andere benachteiligt. Dies macht es zum Gegenstand gesellschaftlichen „Kampfes“ bzw., als wirtschaftliche Institution, zu einer Ressource in dem, was Weber als „Marktkampf“ bezeichnet. (…)

Vortrag und Diskussion als Video hier.


English version

New Left Review, Vol. 95, September-October 2015, pp. 5-26 (access here)


Version française

Contretemps, N° 31, Novembre 2016 (Lire la suite)

Es ist so weit

Erschienen in leicht gekürzter Fassung am 5. Feburar 2015 in der Wochenzeitung Die Zeit. Französische Übersetzung in Le Monde vom 3. März, englische Übersetzung im Verso Books Blog und niederländische Übersetzung im Blog des Leesmagazijn Verlags.

Wenn alles gutgeht, ist das, was sich dieser Tage vor unser aller Augen abspielt, der Anfang vom Ende der Europäischen Währungsunion. „Scheitert der Euro, so scheitert Europa“, so die Kanzlerin, als es darum ging, den Wählern einen dieser unsäglichen „Rettungsschirme“ für die europäischen Banken zu verkaufen. Umgekehrt wird nun ein Schuh daraus. Der Euro ist dabei, Europa zu zerstören. Scheitert der Euro – aber das muss rasch geschehen! – könnte es sein, dass Europa am Ende doch nicht scheitert. Sicher freilich ist das nicht; zu tief sind die Wunden, die die Währungsunion schon geschlagen hat. Weiterlesen