Four Reasons the European Left Lost

Jacobin online, May 30, 2019.

Hardly any of the countless comments on the European election results even mention the radical, as distinguished from the social democratic, left. This is an expression of contempt, and it is well-deserved.

Five years ago, the Left, under the clumsy label of GUE/NGL (Confederal Group of the European Left/Nordic Green Left), was led by none other than Alexis Tsipras. Later, as Greek prime minister, he became Angela Merkel’s favorite disciple in the art of treason.

With time and after collecting various splinter groups, the GUE/NGL cobbled together a total of fifty-two seats, a little less than 7 percent of the European Parliament’s 751 MEPs. Now, in 2019, it ended up with thirty-eight, a loss of more than a quarter.(…)

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Der alltägliche Kommunismus

Blätter für deutsche und internationale Politik 6/2019, 93-105.

Die Eigentumsfrage ist die offene Wunde der kapitalistischen Gesellschaft; in ihr liegen die Nerven blank. Wer in sie hineinfasst, wie der Jungsozialist Kühnert, darf sich nicht wundern, wenn der Kranke beginnt, um sich zu schlagen. „Kollektivierung!“ Auch wenn es dem Nachwuchsmann nur um BMW ging, den skrupellosen Dealer sinnfreier Glitzerprämien für selbstlose Aufopferung im Dienste nicht enden wollender Kapitalakkumulation, so weckte doch sein „Zeit“-Interview, Nebenprodukt hektischer politischer Umtriebe, nicht totzukriegende Erinnerungen an den alltäglichen Kommunismus, der unserem alltäglichen Kapitalismus unterliegt und ihn faktisch überhaupt erst ermöglicht. (…)

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Un empire européen en voie d’éclatement

Le Monde Diplomatique, Mai 2019, 1, 20-21.

Qu’est-ce que l’Union européenne ? Le concept le plus proche qui vient à l’esprit est celui d’empire libéral ou, mieux, néolibéral : un bloc hiérarchiquement structuré et composé d’États nominalement souverains dont la stabilité se maintient grâce à une distribution du pouvoir d’un centre vers une périphérie.

Au centre se trouve une Allemagne qui essaie avec plus ou moins de succès de se dissimuler à l’intérieur du noyau dur de l’Europe (Kerneuropa) qu’elle forme avec la France. Elle ne veut pas être considérée comme ce que les Britanniques appelaient une « unificatrice du continent », même si, en réalité, c’est bien le cas. Le fait qu’elle se cache derrière la France constitue pour cette dernière une source de pouvoir. (…)

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The EU is a doomed empire

Published in Le Monde Diplomatique – English Edition, May 01, 2019.

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Le projet européen s’est enfermé dans une position intenable

Interview in L’Intérêt Général – La Revue du Parti de Gauche, No. 4, 04 Avril, 2019, pp. 108-111.

Dans votre essai ‚Du temps acheté‘, vous vous opposez à la légende dorée de la construction européenne. Pour vous, le projet européen comportait, dès le début, une dimension antidémocratique?

Ce projet a différentes racines. Le « projet européen » – attention, chacun donne à cette formule un sens différent ! – devait institutionnaliser, en Europe, cet État capitaliste social-démocrate, régulé par l’État, que les États-Unis avaient développé dans le cadre du New Deal. Il devait en même temps aider à endiguer le communisme. Vers la fin des années 1950 il est devenu de plus en plus favorable à l’économie de marché ; les ordoli¬béraux allemands, qui avaient perdu (dans un premier temps) leur combat contre Konrad Adenauer et le corpora¬tisme catholique, ont vu la Communauté économique européenne comme un levier permettant d’imposer, en Allemagne aussi, un ordre économique libéral. Dans les années 1980, la chose a été tranchée : terminée, la vieille sociale-démocratie ; place à une économie concurrentielle néolibérale et « mondialisée » ! Elle devait être immunisée contre les résistances populaires : cela explique les institutions si particulières de l’Union européenne (UE) et de l’Union économique. (…)

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